La médecine — Symposium sur les OGM
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La médecine


Les premières utilisations d’OGMs en médecine remontent au début des années 1980. En effet, la production d’insuline par des bactéries modifiées génétiquement a été décrite en 1978 et a permis depuis lors de s’affranchir d’une purification plus complexe à partir de pancréas de porc et de bœuf. Par ailleurs, le vaccin contre l’hépatite B est également produit depuis 1985 à partir de levure génétiquement modifiées.

A ce jour, parmi les nombreux vaccins utilisés en médecine humaine ou vétérinaire, on retrouve les vaccins atténués qui sont en fait des virus ou des bactéries inactivés génétiquement de manière à ce que le vaccin active le système immunitaire sans provoquer d’infection. Par ailleurs, d’autres types de vaccins dits sous-unitaires sont en fait des protéines antigéniques virales ou bactériennes associés à un adjuvant et produites en laboratoire par des bactéries, des levures ou des cellules de mammifères. Deux problématiques associées à la vaccination dans les pays sous-développés sont le coût et le stockage (au frais) des vaccins actuels. Dès lors, de nombreuses études visent à produire des vaccins sous-unitaires directement dans des fruits ou des légumes qui pourront être cultivés sur place. De nombreuses contraintes subsistent toutefois avant de pouvoir mettre ce type d’alicaments sur le marché.

Dans le même ordre d’idée, un riz transgénique (appelé le riz doré) produisant du beta-carotène (un précurseur de la vitamine A) a été créé en 2000 dans le but de réduire le nombre d’enfants atteints de cécité dans les pays pauvres où les carences en vitamine A sont fréquentes. Toutefois, ce riz n’est pas encore disponible sur le marché en raison de la pression des lobbies écologistes et altermondialistes.

Un autre avantage indéniable des OGMs en médecine est l’utilisation de modèles animaux pour l’étude des maladies génétiques. L’un des modèles les plus utilisés à l’heure actuelle en laboratoire est la souris. Il existe en effet des ressemblances importantes dans la séquence et dans l’ordre des gènes entre l’Homme et la souris. Lorsqu’un ou plusieurs gène(s) impliqué(s) dans une maladie génétique sont identifiés chez l’Homme, il est fréquent de modifier ce ou ces gènes chez la souris de manière à déterminer si certains « symptômes » associés à la pathologie humaine apparaissent également chez la souris. Si c’est le cas, nous avons un modèle animal pour étudier une maladie humaine et ses diverses possibilités de traitement. Ainsi, de nombreux modèles souris pour des maladies humaines sont déjà disponibles (sclérose latérale amyotrophique, syndrome de l’X-fragile, autisme,..).

Par ailleurs, des souris humanisées produisant des tissus ou des organes humains voire des tumeurs humaines ont également été mises au point afin de mieux comprendre le fonctionnement de ces tissus et organes ou de tester de nouveaux traitements anticancéreux. D’autres modèles animaux tels que le poisson zèbre sont également utilisés en recherche afin de mieux comprendre l’embryogenèse par exemple.

Un troisième champ d’application de la manipulation génétique en médecine est la thérapie génique. Toujours à l’état expérimental, cette nouvelle thérapie consiste à « remplacer » dans un tissu ou un organe un gène déficient et responsable d’une maladie génétique par une version fonctionnelle de ce gène. Par exemple, la mucoviscidose qui résulte d’une mutation dans le gène cftr est caractérisée notamment par une accumulation de mucus au niveau des voies respiratoires. Des projets visant à restaurer les fonctions pulmonaires en introduisant une copie intacte du gène cftr dans les cellules pulmonaires par l’intermédiaire d’un virus modifié génétiquement, par exemple, sont en cours d’étude.