L’agriculture — Symposium sur les OGM
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L’agriculture


agricultureL’accroissement de la population mondiale associé à un style de vie axé sur la consommation implique une modification de certains modes de production. Par exemple, l’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée dans les pays développés et les pays émergents nécessite un rendement élevé à faible coût.

La sélection et le croisement d’espèces adaptées à l’agriculture et à la consommation humaine remontent à plusieurs millénaires. Ainsi, la plupart des aliments (animaux et végétaux) que nous consommons à l’heure actuelle sont le fruit d’une longue sélection par de nombreuses générations d’agriculteurs et d’éleveurs qui ont sélectionné des organismes dont le génome est souvent très différent du génome des espèces ancestrales.

De manière à augmenter les rendements de production, l’industrie agro-alimentaire a ainsi développé des OGMs résistants à certains ravageurs (limitant ainsi l’usage de pesticides) et/ou à des herbicides totaux (détruisant les mauvaises herbes qui pourraient perturber le développement des cultures et donc leur rendement) en y introduisant un ou plusieurs gènes (appelés dans ce cas transgènes) leur conférant ces caractéristiques avantageuses. Ainsi, actuellement 9% de terres cultivables dans le monde sont utilisées pour la culture d’OGMs tels que le maïs (35% du maïs), le soja (81% du soja), le coton (81% du coton) et le colza (30% du colza).

Toutefois, l’utilisation de ces OGMs impose aux agriculteurs, par contrat avec les semenciers, de racheter de nouvelles semences chaque année assurant aux grandes multinationales une mainmise sur l’agriculture.

Certains s’inquiètent également de la toxicité de l’OGM pour le consommateur. A ce jour, aucune toxicité avérée n’a pu être mise en évidence de manière scientifique mais il est cependant très important de rester vigilant quand il s’agit de mettre un nouveau produit de consommation, quel qu’il soit, sur le marché.

L’impact des OGMs sur les espèces locales (compétition, transfert du transgène) et donc sur la biodiversité constitue également une inquiétude récurrente. L’introduction d’une nouvelle espèce, quelle qu’elle soit, dans un écosystème en équilibre peut effectivement perturber le fonctionnement de cet écosystème. Il est dès lors nécessaire de mettre en œuvre des conditions qui limitent au maximum l’impact d’une culture OGM sur les espèces voisines.

Un certain nombre de stratégies visant à limiter la dissémination d’un transgène sont déjà appliquées ou en cours de développement comme par exemple le confinement qui consiste à isoler le champ d’OGMs des champs voisins. En effet, le grain de pollen du maïs a une durée de vie très courte, une distance suffisante entre les OGMs et les espèces locales réduira les chances de voir le grain de pollen du maïs OGM (et donc porteur du transgène) féconder un plant de maïs local. D’autres stratégies génétiques appelées GURTs (Genetic Use Restriction Technologies) visent à introduire un ou plusieurs autres transgènes dans l’OGM de manière à (1) le désavantager s’il se retrouve dans un autre environnement ou (2) à le rendre stérile. Les recherches effectuées dans ce domaine ont évidemment toute leur importance.

La réduction des réserves de carburants fossiles et l’impact de ces carburants en matière d’effet de serre (perturbation de l’équilibre carbone atmosphérique par libération de CO2 piégé dans le sol il y a des millions d’années) nous a conduit à produire des biocarburants dont le bilan carbone est nul étant donné que le CO2 qu’ils libèrent lors de leur combustion correspond au CO2 absorbé par les plantes dont ils proviennent. La critique majeure concernant ces biocarburants est qu’ils vont mobiliser des terres arables au détriment des cultures céréalières ou de réserves naturelles (comme la forêt amazonienne).

L’université de Gand a récemment développé un peuplier OGM (non pas par l’ajout d’un transgène mais par la suppression d’un gène) dont la lignine (élément de rigidité) a été modifiée de manière à faciliter l’extraction des sucres nécessaires à la production de bioéthanol et par conséquent augmenter le rendement de production. En outre, les peupliers présentent l’avantage de croître dans des milieux pauvres en eau et donc peu propices à l’agriculture. Le développement  d’OGMs peu exigeants en eau pourrait ainsi permettre d’utiliser de nouveaux espaces considérés actuellement comme non cultivables.vers médecine