OGMs — Symposium sur les OGM
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OGMs

dossierASTout organisme vivant, quel que soit son niveau de complexité (bactéries, animaux, végétaux), est ce qu’il est grâce à une molécule particulière appelée ADN. L’ADN porte, sous forme de gènes, l’information propre à chaque règne, à chaque espèce et même à chaque individu et constitue le patrimoine génétique. L’ADN est lu et décodé par une machinerie cellulaire complexe qui donnera naissance, en fin de chaîne, à des protéines essentielles au développement de l’organisme et à son bon fonctionnement. Le patrimoine génétique d’un individu sera transmis complètement ou en partie (dans le cas de la reproduction sexuée) à la descendance qui sera, à son tour, capable de « fonctionner » dans le même environnement.

Il est important de considérer que, dès l’apparition des premières formes de  vie sur Terre il y a 3,5 milliards d’années, l’ADN  a subi des modifications de petite ou grande ampleur. Ces modifications provoquent dans certains cas l’apparition de nouvelles protéines qui permettront à ces organismes de survivre dans un nouvel environnement et de transmettre leur(s) nouvelle(s) caractéristique(s) à leurs descendants. Ainsi, sur une échelle de temps de plusieurs milliards d’années, l’ensemble des modifications des génomes a conduit à l’apparition de nouveaux organismes de plus en plus complexes au cours d’un processus qu’on appelle l’évolution.

Les modifications du patrimoine génétique d’un individu peuvent avoir des origines diverses. Il peut s’agir d’erreurs commises par la machinerie cellulaire chargée de copier l’ADN, d’une exposition à un environnement toxique pour l’ADN (agents mutagènes comme certains UVs) ou d’un transfert d’ADN provenant d’un autre organisme.

En effet, il est fréquent qu’une bactérie reçoive de l’ADN d’une autre espèce bactérienne. Par exemple, certaines bactéries deviennent résistantes à certains antibiotiques car elles ont reçu d’une bactérie déjà résistante à ces antibiotiques les gènes qui leur permettront de devenir résistantes à leur tour. C’est ce qu’on appelle en génétique le transfert horizontal.

On a aussi retrouvé dans les génomes de bactéries, mais aussi d’animaux et de plantes, des traces de gènes de virus qui sont la marque d’infections virales qui ont eu lieu il y a des millions d’années. En effet, certains virus récents comme le virus du VIH (sida) ont la capacité, après une modification de leur génome, de s’intégrer dans le génome de la cellule qu’ils infectent et d’y rester dormants pendant plusieurs années.

En outre, il est remarquable de constater que les cellules qui constituent les animaux et les végétaux contiennent des vestiges de bactéries (appelées bactéries endosymbiotiques) qui permettent à ces cellules de respirer (chez les animaux et chez les végétaux) et même de pratiquer la photosynthèse (chez les végétaux).

Il est donc évident que le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est le résultat de nombreuses modifications de l’ADN aussi appelées modifications génétiques. Par ailleurs, nos cellules, tout comme celles de notre chien, de notre chat ou du pommier qui se trouve dans le jardin contiennent des gènes provenant d’organismes aussi inattendus que les virus et les bactéries.

En conclusion de cette première partie, ne sommes-nous pas tous des organismes génétiquement modifiés (OGMs) ?

En fait, les OGMs « actuels » réfèrent à des organismes génétiquement modifiés…par l’Homme.

Pourquoi l’Homme passerait-il son temps à modifier le génome des organismes qui l’entourent puisque ceux-ci l’ont bien fait sans son aide au cours de l’évolution ?

L’Homme, dans son besoin d’améliorer son quotidien mais aussi de pouvoir subvenir à des besoins toujours grandissants dans un monde en constante évolution, a trouvé le moyen, à travers la manipulation génétique, de « maîtriser » certains processus « naturels » à des fins parfois mercantiles mais aussi très souvent utiles.

Les OGMs font souvent l’actualité et sont devenus l’objet d’un vif débat entre les groupements écologistes et les grandes multinationales agro-chimiques comme Monsanto qui contrôlent une bonne partie de l’agriculture intensive mondiale en commercialisant des semences de maïs, de soja, de colza et de coton transgéniques.

Mais connaissez-vous toute l’étendue du monde des OGMs ?

La suite de ce dossier abordera de manière non exhaustive quelques exemples de champs d’application des « nouveaux » OGMs.vers agriculture